Edito


LE MOT DU DIRECTEUR ARTISTIQUE

47ème édition du festival musique sur ciel

Le Festival de Cordes-sur-Ciel dans le Tarn a une histoire atypique. Il est né avec les interprètes de la révolution baroque (Jordi Savall, William Christie…), il s’est ensuite tourné vers la musique de chambre, tout en faisant la part belle à la musique contemporaine, avec chaque année un compositeur en résidence, d’Henri Dutilleux à György Kurtag. C’est fort de cet héritage que j’imagine aujourd’hui la programmation, tout à la fois foisonnante et exigeante. En 2018, le festival accueillera la compositrice Clara Iannotta, Prix Hindemith 2018. Plusieurs de ses œuvres seront interprétées ainsi qu’une création mondiale, commande de Musique Sur Ciel.

J’ai souhaité donné un ancrage local plus fort au festival, avec pour la première fois cette année la venue de musiciens de l’Orchestre du Capitole de Toulouse ou de l’ensemble vocal Les Eléments, et en même temps offrir une dimension plus internationale à la manifestation. Pour cette raison, nous mettons désormais chaque année un pays à l’honneur, et nous commençons dès 2018 avec l’Italie. Le but est de donner un visage musical à la question européenne. Nous donnerons à entendre le répertoire italien, de Monteverdi à Luigi Nono, mais aussi les œuvres d’autres pays inspirés par l’Italie, comme le sextuor « Souvenir de Florence » de Tchaïkovski ou « Les Années de pèlerinage » de Liszt. Nous accueillerons ainsi des interprètes italiens et français, du contre-ténor Filippo Mineccia au Quatuor Zaïde, pour un savoureux mélange des cultures.

Autre priorité : la parité. Parmi les musiciens, il y a un équilibre important à respecter entre hommes et femmes. Et nous accueillerons aussi pour la première fois de l’histoire du Festival une compositrice en résidence, en l’occurrence l’italienne Clara Iannotta. A noter également la présence d’un artiste associé : le pianiste Bertrand Chamayou.

Le lien entre la musique et les autres arts sera un fil rouge essentiel du festival. A l’affiche de cette édition, il y aura ainsi le premier ciné-concert de l’histoire du festival de Cordes, une création de Clara Ianotta alliant danse et musique électronique et nous tisserons même des liens vers la gastronomie italienne…

A l’heure du repli sur soi et des tentations communautaristes, il est bon de rappeler que la musique est une matière terriblement vivante, qui ouvre les frontières. La musique est politique, au premier sens du terme, c’est-à-dire au cœur de la cité.

Le festival continuera à proposer sa formule des journées musicales avec les « Impromptus » à partir de midi, ses concerts en fin d’après-midi « Le 18h00 » et ses « Grands Concerts » en soirée.  N’oublions pas le Petit Conservatoire pour les enfants, son piquenique musical au château-musée du Cayla et de nombreuses nouveautés.

Antoine Pecqueur